Voyez comment la pédiatrie sociale en communauté mise sur la résilience, l’attachement, la culture et l’identité pour réduire ou éliminer les sources de stress toxique qui affectent le développement et le bien-être des enfants en situation de vulnérabilité.

L’approche de la pédiatrie sociale en communauté mise sur la résilience de l’enfant, de sa famille et de sa communauté pour répondre aux besoins de l’enfant et réduire les sources de stress toxique. Elle repose sur le principe que toute personne, en toutes occasions et quelles que soient les conditions, a des forces qui peuvent servir de levier pour rebondir en cas de détresse, franchir des obstacles, s’adapter au changement et se remettre sur pied après un traumatisme. Chez les enfants en situation de vulnérabilité, la force est souvent cachée, mais « la petite flamme brûle toujours et ne trompe jamais » (Julien, 2004).

On cherchera ainsi les forces de l’enfant du côté de ses habiletés, ses intérêts, ses rêves et ses espoirs.

 

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Chez sa famille, on soutiendra la capacité des parents à répondre aux besoins de stimulation de l’enfant, à créer un lien d’attachement et de sécurité avec ce dernier, à se procurer ou à obtenir les ressources et les soutiens nécessaires au bien-être de l’enfant. On tiendra compte également du rôle fondamental que joue la famille dans la transmission des savoirs.

 

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Finalement, on identifiera les caractéristiques de la communauté susceptibles de contribuer au bien-être de l’enfant, soit l’environnement physique (qualité des logements, accessibilité aux ressources alimentaires, services sociaux et de santé, offre commerciale, espaces verts, aires communautaires, qualité de l’air, facilité de transport, etc.) et le filet social et relationnel autour de l’enfant (voisinage, organismes communautaires, accessibilité aux bibliothèques, lieux de diffusion culturelle, fêtes et festivals, activités de loisirs, éducatives et sportives).

 

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Références

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Neegan Trudel

« L’attachement, c’est le mélange d’amour, d’empathie et de plaisir qui crée une relation privilégiée avec une autre personne » (Julien, 2004). La théorie de l’attachement repose sur le postulat que l’expérience d’un enfant avec ses parents ou avec ses principaux dispensateurs de soins aura une influence sur son équilibre émotionnel. En présence de nombreuses sources de stress toxique, la disponibilité et la capacité des parents à assurer un attachement sécuritaire sont parfois compromises. C’est pourquoi en pédiatrie sociale en communauté l’enfant est au centre de la communauté et n’est pas perçu comme étant la responsabilité exclusive des parents. Cela permet ainsi de mobiliser la famille élargie ainsi que d’autres adultes de la communauté (bénévoles, enseignants, professionnels de la santé et des services sociaux, etc.) pour soutenir les parents dans leur tâche de créer des conditions favorables au développement d’un attachement sécurisant.

Références

La culture est « un ensemble plus ou moins organisé de savoirs, de codes, de valeurs ou de représentations » (Mesure et Savidan, 2006). Elle a une influence directe sur le développement de l’enfant. En effet, l’enfant naît dans une famille qui adhère à des croyances et des habitudes qui lui sont propres. Il suit le chemin tracé par les générations précédentes, par les idées sociales et spirituelles propres à sa culture. Les attentes des parents ont des racines très profondes qui doivent être comprises et respectées pour le bien de la famille et pour le devenir de l’enfant. En pédiatrie sociale en communauté, les considérations et les connaissances, notamment scientifiques, qui peuvent être différentes des croyances familiales, doivent être transmises aux parents et aux familles, mais de façon dosée et progressive, sans dogmatisme (Julien, 2004).

Références

En pédiatrie sociale en communauté, la culture permet de mieux comprendre la conduite de l’enfant dans son contexte, avec pour objectif de l’aider à forger sa propre identité et d’assurer une transition saine vers l’adolescence et l’âge adulte. L’identité renvoie à l’appartenance et à la filiation. « L’identité, c’est la couleur d’une personne, sa définition dans le monde et dans l’histoire » (Julien, 2004). Elle constitue la condition essentielle de la connaissance, de l’assurance et de l’affirmation de soi. Pour grandir, il faut se sentir important et aimé, et pouvoir se reconnaître dans une personne. L’enfant progresse par modèle et par référence. Ses références principales, celles qui forgeront son identité, sont avant tout les adultes significatifs dans sa vie et la culture qu’ils transmettent.

Références

  • Julien G. (2004). Soigner différemment les enfants, L’approche de la pédiatrie sociale, Les Éditions Logiques, Québec.
  • Julien G., (2004), Soigner différemment les enfants, Méthodes et approches, 2e éd. Les Éditions Logiques, Québec.