L’évaluation/orientation propose une démarche clinique qui met en application la méthode APCA et permet d’outiller l’enfant et d’accompagner les personnes importantes qui l’entourent tout au long de sa trajectoire de vie. Il s’agit d’une démarche en mouvement qui s’opère autour des besoins de l’enfant.

L'accueil

L’accueil en pédiatrie sociale en communauté représente le premier contact entre l’enfant, la famille, tout autre adulte significatif et l’équipe de pédiatrie sociale. Tout est mis en place pour établir un lien de confiance et faciliter l’intégration aux services. L’espace physique est aménagé de façon conviviale afin que l’enfant et ceux qui l’accompagnent s’y sentent bienvenus. Fruits, jus, café, jouets, livres sont mis à leur disposition. Un(e) responsable de l’accueil les reçoit comme s’ils entraient dans sa maison, prend des nouvelles, s’assure de leur confort et répond à leurs questions. C’est dans ce lieu que l’équipe de pédiatrie sociale, composée d’un médecin et d’un(e) adjoint(e) clinique (travailleur social ou psychoéducateur), vient à leur rencontre. Le médecin s’adresse d’abord à l’enfant. Il se met à son niveau, le regarde dans les yeux et lui parle sur un ton familier. C’est une façon simple, amicale et sans contraintes de s’apprivoiser mutuellement. Un rapport humain s’établit à travers le verbal et le non verbal et permet non seulement de créer une réciprocité, mais de commencer de façon subtile l’évaluation de l’enfant. En effet, si la manière de faire est informelle, le regard et les questionnements du médecin sont déjà cliniques. Dans un même temps, l’adjoint(e) clinique reçoit la famille et les autres participants de la rencontre (voisins, professeurs, autres intervenants, adultes significatifs, etc.). Une discussion à plusieurs voix s’entame, similaire à celle d’une famille lorsqu’elle reçoit des invités à la maison. Cette atmosphère informelle et libre de toute contrainte facilitera par la suite l’adhésion de l’enfant et sa famille aux services de pédiatrie sociale en communauté. PASSER MAINTENANT À L'OUVERTURE DE LA RENCONTRE

Le dénouement

Le dénouement est le moment où toutes les problématiques qui ont été abordées pendant la rencontre ont trouvé une solution ou des pistes de solution. Le médecin valide les attentes de la famille et de l’enfant. Le dénouement assure la continuité entre la fin de la rencontre et le suivi à moyen terme. Le médecin termine toujours en nommant une des forces de l’enfant : « T’es pleine de vie! », « T’es un grand garçon! », « T’es forte! ». La démarche clinique s’achève ainsi, mais ce n’est que le début d’un continuum de services qui permettra de suivre la trajectoire de vie de l’enfant tout au long de son développement, raison pour laquelle il existe deux types d’évaluation/orientation : la première rencontre et celle de suivi-accompagnement. Cette dernière vise à faire le point sur le plan établi lors de la première rencontre et à apporter les modifications nécessaires selon l’évolution des besoins de l’enfant. La puissance de l’évaluation/orientation est qu’elle permet, à chaque rencontre, de revalider le plan initial et de repartir dans la bonne direction.

Mise en commun des hypothèses et pistes de solution

Une fois les hypothèses et les pistes de solutions proposées, l’équipe de pédiatrie sociale en communauté réalise une synthèse des options proposées. Le médecin établit un diagnostic ou un prédiagnostic pour les motifs de santé et un plan d’action est proposé selon les priorités établies. Le diagnostic pourra se préciser dans le temps suivant la trajectoire de vie de l’enfant, car la complexité des situations oblige une prudence, une patience et une compréhension globale de la santé. Le plan d’action comprend :
  • La liste des principaux besoins à vérifier,
  • La liste des forces principales de l’enfant, de la famille et du milieu,
  • L’offre de services au sein du centre de pédiatrie sociale en communauté (utilisation des ressources locales)
  • Des références à l’extérieur par l’entremise de partenariats ou de corridors de services
  • La thérapie médicamenteuse si nécessaire.
Le plan d’action est adapté à chaque enfant et répond à des besoins de base immédiats, mais également plus profonds.

PASSER MAINTENANT AU DÉNOUEMENT

Le plan d’action

Une fois les hypothèses et les pistes de solutions proposées, l’équipe de pédiatrie sociale en communauté réalise une synthèse des options proposées. Le médecin établit un diagnostic ou un prédiagnostic pour les motifs de santé et un plan d’action est proposé selon les priorités établies. Le diagnostic pourra se préciser dans le temps suivant la trajectoire de vie de l’enfant, car la complexité des situations oblige une prudence, une patience et une compréhension globale de la santé. Le plan d’action comprend :
  • La liste des principaux besoins à vérifier,
  • La liste des forces principales de l’enfant, de la famille et du milieu,
  • L’offre de services au sein du centre de pédiatrie sociale en communauté (utilisation des ressources locales)
  • Des références à l’extérieur par l’entremise de partenariats ou de corridors de services
  • La thérapie médicamenteuse si nécessaire.
Le plan d’action est adapté à chaque enfant et répond à des besoins de base immédiats, mais également plus profonds.

Une discussion à deux voix

S’en suit une étape clé de la rencontre qui en modifie le rythme : l’examen clinique du médecin. Le médecin se dirige avec l’enfant vers la table d’examen et l’adjoint(e) clinique reste avec les autres participants de la rencontre autour de la table. Une discussion à deux voix s’opère dans le but de mieux saisir les besoins de l’enfant et de mieux comprendre le fonctionnement de la famille.

Le médecin ne se limite pas à un examen clinique conventionnel, il cherche à travers cette approche de l’enfant d’autres informations pour compléter son analyse. Il interpose des questions qui permettent de comprendre le mode de vie de l’enfant dans son contexte. L’espace établit ainsi une proximité physique entre le médecin et l’enfant, et les échanges permettent de partager au besoin certains secrets et de connaître les opinions et les réactions de l’enfant à ce qui a été dit auparavant dans la discussion. Tout en procédant à cet examen, le médecin demeure alerte face aux discussions qui se poursuivent autour de la table.

En effet, pendant l’examen clinique de l’enfant, l’adjoint(e) clinique poursuit la discussion de façon informelle avec les autres participants afin de compléter son évaluation et de vérifier certaines hypothèses générées pendant l’échange initial. Il/Elle tente de mieux comprendre les déclencheurs de la demande, la situation de la famille dans son contexte relationnel et social et le cheminement scolaire de l’enfant.

PASSER MAINTENANT À LA MISE EN COMMUN DES HYPOTHÈSES

Le partage d’information

L’équipe clinique vise à comprendre la situation de l’enfant et de la famille en faisant circuler l’information entre tous les participants. Il ne s’agit pas d’une cueillette d’information, mais plutôt d’un mode de partage qui permet de « communiquer suffisamment d’informations pour que la famille puisse mieux comprendre son propre fonctionnement. Cela se traduit souvent en fin d’entretien par : “On n’a jamais pu se parler comme cela auparavant” ou “on a dit des choses qu’on n’avait jamais dites” » (Ausloos, 2010, p.160). Les participants apportent des éléments complémentaires, ce qui permet d’avoir une lecture plus claire de la demande de la famille, de la commande d’une organisation ou du mandat. L’enfant explique sa situation dans ses propres mots. Le médecin cherche à faire des liens avec ce que les participants soulèvent ou pose des questions s’adressant à plusieurs participants, de façon à faire circuler l’information. Il s’agit de créer un dialogue qui s’enchaîne à plusieurs et non pas un interrogatoire d’une personne à une autre, le tout en laissant la famille mieux découvrir sa situation. Des questions parfois provocantes, mais posées de façon informelle permettent de nommer les situations complexes et difficiles que traversent l’enfant et sa famille. Lors de cet échange, le médecin procède à une anamnèse complète de façon non linéaire et en suivant le rythme des échanges. L’objectif est de retracer l’histoire médicale, familiale, sociale et développementale de l’enfant afin de faire ressortir le sens des situations vécues. Cette anamnèse ne se limite pas à l’histoire de la maladie ou à l’identification du symptôme, mais vise à comprendre la trajectoire de vie de l’enfant et identifier les sources de stress présentes dans son environnement physique et social. La discussion permettra ainsi d’identifier les besoins de l’enfant et de mettre en lumière des droits bafoués. Elle permettra aussi de souligner les forces de l’enfant, de la famille et du milieu. Ce partage d’information répond à la nécessité de créer une relation entre l’enfant, la famille, l’équipe de pédiatrie sociale en communauté et les autres participants présents. C’est un moyen de faire connaissance plus qu’une façon d’arriver à un diagnostic à tout prix. Ce dernier sera précisé dans le temps à travers les rencontres de suivi en évaluation/orientation. Tout au long de ces échanges, l’enfant est libre de bouger à sa guise dans l’espace clinique qui inclut un espace de jeux. L’enfant peut manger, lire, dessiner, grimper, jouer avec les jouets mis à sa disposition. Le médecin ne le perd jamais de vue. Cette liberté de mouvement laissée à l’enfant lui permet de mieux décoder le langage verbal et non verbal de l’enfant, et d’évaluer certains éléments de son développement comme sa motricité fine ou globale, son niveau de littéracie, etc.

PASSER MAINTENANT À LA DISCUSSION À DEUX VOIX

L’ouverture de la rencontre

L’espace clinique ressemble à une salle à manger. Autour d’une table, comme dans la cuisine familiale, l’équipe de pédiatrie sociale en communauté, l’enfant, sa famille et les autres participants invités prennent place. Il se crée un univers de partage et de convivialité avant même l’ouverture de la rencontre. « La table est l’entremetteuse de l’amitié », dit le proverbe français qui se confirme en clinique, car elle permet de créer une certaine intimité bienveillante. Le médecin et l’adjoint(e) clinique sont assis l’un à côté de l’autre. Un membre de l’équipe amorce la discussion en demandant à chaque participant de se présenter et explique la façon dont la rencontre va se dérouler.

PASSER MAINTENANT AU PARTAGE D’INFORMATION